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01 Dec

Rencontre avec Jean RAFFALDI

Publié par cds83  - Catégories :  #Scientifique

Rencontre avec Jean RAFFALDI

 

Avec Cathy LAMBOGLIA,

Marcel et Catherine PAUL

 

Le 22 octobre 2016

 

 

Depuis que nous avons créé la commission de biospéologie au CDS 83 en 2016, nous avons eu l’occasion de rencontrer des passionnés (spéléologues occasionnels ou aguerris) qui se sont véritablement investis sur l’étude des différentes espèces vivant dans le domaine karstique.

Aujourd’hui, nous vous présentons Jean Raffaldi, qui a consacré 40 ans à la biospéologie et plus précisément à un Coléoptère de la famille des Trechinae : le Duvalius….

 

 

 

Q1 Bonjour Jean, vous êtes spéléologues niçois, comment êtes-vous devenu entomologiste amateur ?

Jean :

« J’ai toujours été intéressé par les « petites bêtes », les araignées, les insectes… C’est la découverte dans la maison d’un hanneton foulon (Polyphylla fullo) qui a vraiment déclenché ma vocation. Un soir, je suis allé à la réunion des naturalistes des Alpes Maritimes, dans un bar de Nice. J’y ai fait ainsi la connaissance de tous les grands entomologistes niçois, Dujardin, Ochs, Hervé, Boursin, Hunt, Fiammengo, etc… J’ai commencé par les papillons, puis les Carabes, où j’ai prospecté probablement toutes les stations, à Carabus solieri. C’est la rencontre avec Jean Ochs qui m’a orienté vers la faune cavernicole, et plus particulièrement les carabiques du genre Duvalius. »

 

 

Q3 Bio spéléologue connu depuis 1975, vous avez dû rencontrer de grands scientifiques et/ou d’autres grands  Bio spéléologues ?

Jean :

« Ochs était en relation avec Jeannel au Muséum de Paris et j’ai chassé avec lui jusqu’à sa mort en 75. Ensuite j’ai presque toujours chassé avec Jean-Claude Giordan avec qui nous avons prospecté la région PACA. C’est aussi à cette époque que j’ai rencontré Jean-Michel Lemaire, que j’ai initié à mon tour à la biospéléologie »

 

 

Q4 Vous êtes Vice-président de l’association « Troglorites », quels sont les buts de cette association ?

Jean :

« La connaissance et la préservation des coléoptères terricoles et troglobies. »

 

 

Q5 Quelle espèce vous a le plus passionné en biospéologie ? et pourquoi ?

Jean :

« Chaque fois que nous avons découvert une espèce nouvelle, c’était la passion du moment ! »

 

 

Q6 Pourriez-vous, en quelques mots, nous parler du mode de vie du Duvalius ?

Jean :

« Les Duvalius se voient – ou plutôt se prennent au piège - dans les grottes, mais en fait, ils habitent les fissures du sol profond et de la roche mère. Ce sont des carnassiers qui se nourrissent d’insectes plus petits, comme les Collemboles. Habitants exclusifs du milieu souterrain, ils sont aveugles et dépigmentés, ils perçoivent les moindres vibrations de l’air par leurs soies sensorielles très développées. Et ils ont besoin d’une humidité élevés (90%, d’une température fraîche et surtout constante, et craignent par-dessus tout les courants d’air qui les dessèchent et les empêchent de percevoir leur environnement. »

 

 

Q7 Vous nous avez parlé d’une clef et de la serrure pour la détermination d’une espèce par le sexe, pourriez-vous être plus précis ?

Jean :

« L’anatomie des organes copulateurs des coléoptères est souvent complexe, notamment chez les Duvalius qui possèdent dans l’organe copulateur mâle des « pièces copulatrices » qui varient d’une espèce à l’autre, et qui s’adaptent à l’organe copulateur de la femelle comme une clé à sa serrure. Cette particularité est liée à la séparation des espèces au cours de l’Evolution. »

 

 

Q8 Il nous semble qu’une espèce porte votre nom ? Comment appelle-t-on une personne qui découvre une nouvelle espèce, un inventeur, comme pour le spéléologue qui révèle une nouvelle cavité ?

Jean :

« Et même plusieurs, il a un Duvalius raffaldii et une Agostinia raffaldiana. On eut parlé de l’inventeur d’une nouvelle espèce, mais cela ne se dit guère car le processus est un peu plus compliqué : pour savoir qu’une espèce est nouvelle, il faut un gros travail de laboratoire et de documentation, qui est fait par le spécialiste qui décrit l’espèce. Le plus souvent le descripteur dédie l’espèce à celui (ou celle) qui l’a découverte. »

 

 

Q9 Et une personne qui met des pièges pour l’étude des animaux, un piégeur ou un collectionneur ?

Jean :

« C’est un naturaliste. La collection n’est qu’un outil au service de la science, même si c’est un outil indispensable. »

 

 

Q12 Vos études ont porté aussi sur plusieurs départements du Sud de la France, Mercantour etc., mais avez-vous parcouru d’autres pays pour vos recherches ?

 

Jean :

« La Corse, même si c’est un département du Sud de la France ! Et un peu l’Italie frontalière. »

 

 

Q13 Vous avez une collection exceptionnelle, principalement Française, quelle est le spécimen rare de votre collection ?

Jean :

« Sans hésitation, le Duvalius cornilloni, qui ne se trouve que dans le petit aven de Granréon, à 2350 d’altitude, dans le massif du Mounier. Nous n’en avons que 7 exemplaires, et personne d’autre à notre connaissance ne l’a repris. »

 

 

Q14 Quels sont vos prochains projets sur la Biospéologie ?

Jean :

« Reprendre et publier enfin les travaux inédits de Jean-Claude Giordan. »

 

 

 

Un beau programme ! Un grand merci Jean pour votre patience et l’intérêt que vous avez mis à répondre à ces questions.

 

Toute l’équipe du CDS 83  attend avec impatience le 11 décembre 2016 pour découvrir avec vous et votre ami Jean-Michel, les secrets de ces animaux que vous avez suivis tout le long de votre vie …

 

Fin

 

 

 

 

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